Bettignies (Nord)

Généalogie de la famille Boez - Lefebvre

 


Historique : Ce village, au XIIème siècle s'écrivait Bethignies, Betegnies, Betenies ou Biétignies. Il doit tirer son nom de "beten", faire des prières ou de "béthaus", maison de prières. Sa terminaison en "gnies" signifie habitation, demeure. Donc, on peut traduire Bettignies comme lieu du temple ou maison pour faire des prières. Il est possible que dans les premiers siècles de l'invasion germanique, Bettignies fut le rendez-vous où les gens priaient et faisaient des sacrifices en commun avec la population environnante.
Au XIIème siècle, Bettignies possédait déjà une église dédiée à Saint-Nicolas. Celle-ci relevait du chapitre Saint-Germain à Mons. Le pape Lucius III a fait mention de ce village en février 1181. Il a accordé aux chanoines de Saint-Germain la protection des biens qu'il possédait. L'église se trouvait près de la ferme du château. Elle fut souvent prise pour une cabane lorsque elle était couverte d'un toit de chaume. Mais aujourd'hui cette église a fait place à une autre construite en face de la mairie à la fin du XIXème siècle.
Bettignies abritait la terre de Pierre-Fontaine, située à l'extrémité sud-ouest de la commune. Furent successivement seigneurs Wuillaume de Parfontaine (homme du comte de Hainaut), Nicaise de Pierre-Fontaine et Jean de Betegnies (témoin dans un jugement à Bavay en 1181 par le comte de Hainaut). Ils apparaissent dans plusieurs titres de la même époque. Dans "Histoire du Cambrésis", Carpentier parle d'un Monseigneur Baudouin de Parfontaine, chevalier du Hainaut en 1288. En 1345, Jean de Perfontaine, fils de Gilles de Perfontaine (chevalier), était devenu grand-bailli du Hainaut. Cette maison a été pendant longtemps importante. L'ancien château de Pierre-Fontaine a disparu. Il ne reste que la ferme.
Le fief seigneurial dépendait de la mairie de Petit-Quévy (petit village belge près de Bettignies). Un château à peu de distance, à l'est de l'église faisait parti de ce fief mais malheureusement, il a été ruiné pendant les guerres de Louis XIV et n'a jamais été reconstruit. Les biens du château appartenaient au comte de Vanderbuch, descendant d'illustres seigneurs au service des comtes de Flandre et des souverains des Pays-Bas. Il ne reste que la ferme dite "du Château".
A côté de la ferme de Pierrefontaine se trouvait un bois appelé Bois du Gars. Aujourd'hui, il est presque entièrement défriché. Gilbert, chancelier du comte Baudouin V le cite dans sa chronique. Il raconte que le comte de Flandre, lors de l'invasion du Hainaut en 1184, s'arrêta dans ce bois, avant de faire la jonction avec ses alliés : le duc de Brabant et l'archevêque de Cologne. Le Bois du Gars était à cette époque rempli de daims et de buffles sauvages. L'armée du comte en profita puisque celle-ci n'avait presque plus de vivres.
Bettignies a souvent souffert du passage des armées : en 1694, le village fut complètement ruiné lors des tentatives du Prince d'Orange contre le Maréchal de Luxembourg et la ville de Maubeuge ; en 1792, l'avant-garde du général La Fayette a campé à Bettignies pour le combat de la Grisoëlle à Mairieux ; en 1793, les Autrichiens sont revenus pour la bataille de Jemmapes (Belgique) et formèrent différents camps sur la plaine de Bettignies et sur celles de Grand-Reng (village belge) et Villers-Sire-Nicole (village proche de Bettignies) ; et en 1918, les Allemands sont passés à Bettignies pour regagner l'Allemagne, et y ont incendié l'église, la mairie (à l'étage), plusieurs fermes et plusieurs maisons du village.

 

 

 

A gauche : la douane française en 1905, située à l'entrée du village à l'époque (la première maison, à gauche, avec d'autres bâtiments autour d'une cour), venant de Mairieux et de Maubeuge. A droite : en 1946, la douane française change de place pour la première fois. Elle se situait au croisement de la Route de Mons, du Chemin de la Cure et du Chemin Adam.

 

La douane française vue de France et de Belgique (1956) : ces bâtiments ont servi de bureaux aux douaniers français puis à l'agence douanière I.T.S. Fabry. A cette époque, des arbres bordaient la Nationale (RN2), mais ils ont été abattu suite à une tempête.

 

A gauche : vue aérienne de la douane française dans les années 1960, au croisement des chemins Adam, de la Cure (jusqu'en 1975, simple chemin de terre bordé de noisetiers et de haies bocagères) et de la route de Mons. A droite : l'église et la mairie-école en 1908 (qui possédait à l'époque une cloche en haut du toit).

 

A gauche : l'église après les bombardements, en 1918. On peut voir une partie de la ferme du Château, au fond à droite. A droite : l'église en 1912, entourée d'un troupeau de moutons.

 

A gauche : la classe unique de Bettignies en 1930. A droite : carrefour de la route de Mons (RN2) et des rue Narcisse-Locoge et de Villers-Sire-Nicole, en 1912.

 

A gauche : départ des soldats allemands, en 1945, vers la Belgique, pour rejoindre l'Allemagne. A droite : l'inauguration de la rue Narcisse-Locoge le 23 juin 1946, en présence du Préfet du Nord de l'époque.

 

A gauche : premier cabaret de France, dans les années 1920. A droite : peinture de Bettignies datant de 1865, par A. Lardeur, vérificateur des Douanes. L'ancienne église se trouvait près de la ferme du château à cette époque.

 

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