Célestin Hennion

Préfet de Police - Créateur des "Brigades du Tigre"

 

Né à Gommegnies (Nord) le 8 septembre 1862 et décédé à Ste Adresse (Seine Maritime) le 14 mars 1915

 Fils de Ghislain Joseph HENNION et de Marie Catherine BASILAIRE

         Célestin Hennion est né en 1862, à Gommegnies (Nord), près de Le Quesnoy, entre Valenciennes et Maubeuge. Il a suivi des études au lycée de Le Quesnoy et a obtenu un certificat de grammaire, avant de s'engager dans l'armée pour trois ans. Il a fait campagne au sein du 110ème Régiment d'Infanterie, de 1880 à 1885, en Tunisie. Il obtient la Médaille Coloniale, et devient Chevalier de l'Ordre de Nicham Iftikar et Officier de la Légion d'Honneur.
         Après être devenu secrétaire du sous-préfet de Reims, il entre dans la Police en 1886, à 24 ans, en tant qu'inspecteur de deuxième classe de la compagnie des chemins de fer, à la gare Saint-Lazare. Il grimpe rapidement les échelons, grâce à ses expériences de terrain, et devient inspecteur spécial de première classe sur les chemins de fer du Nord, à la gare du Nord. Il s'occupe alors de missions de surveillance dans les milieux anti-républicains et de contre-espionnage. Il enquêtera sur le Général Boulanger et le milieu anarchiste. Il est nommé commissaire de police à Verdun en 1890, pour étudier le fonctionnement de la police en province, puis commissaire spécial de police, contrôleur du pari Mutuel en 1893, à Paris. Il s'occupe alors des affaires politiques et générales. Il travaille sur les preuves de l'innocence de Dreyfus avec le Commandant Picquart. Pendant l'affaire Dreyfus, il a été un des rares des services de police à rechercher la vérité en dépit des pressions dont il était l'objet. Il était la cible privilégiée des anti-dreyfusards. Lors du voyage du Tsar Nicolas II en 1896, il est chargé des mesures de sécurité. Il accompagne Félix Faure dans ses déplacements, notamment en Russie. En 1899, il procède à l'arrestation de Paul Déroulède, après sa tentative de coup d'état. Pendant le procès de Dreyfus à Rennes en 1899, il est chargé de la sécurité de l'accusé et de maintenir l'ordre en ville. En 1900, il est fait commissaire spécial de police hors-classe. En septembre 1901, il déjoue un attentat contre la Tsarine, lors du second voyage de Nicolas II en France.
         Après avoir été nommé commissaire principal en octobre 1901 par Waldeck-Rousseau, suite à la forte augmentation de la criminalité en France, il a mis en place un plan de réforme et crée les "Brigades du tigre", brigades régionales de police mobile. Il accompagne le président Loubet dans ses déplacements en 1903, et en 1905, il déjoue un attentat contre Alphonse XIII, Roi d'Espagne. La même année, il crée l'association de prévoyance des commissaires et inspecteurs spéciaux. En 1907, il est nommé directeur de la Sûreté générale par Georges Clémenceau, qui lui rendra hommage à la chambre des députés : "J'ai placé récemment à la tête de la Sûreté générale un professionnel, un fonctionnaire de la carrière, M. Hennion. Il est très laborieux et très zélé et connaît admirablement le service dont il a la charge. Il est d'autre part animé d'intentions réformatrices dont j'ai pu apprécier le caractère intelligent et judicieux". Célestin Hennion modernise alors la police par de nouveaux moyens, pour faciliter les arrestations dans toute la France, et notamment l'automobile, le télégraphe, le téléphone, les archives photographiques et anthropométriques. Il allège l'administration et organise des services opérationnels, rue des Saussaies à Paris, à l'endroit même des actuels SRPJ. Il remplace en 1913 Louis Lepine au poste de Préfet de police de Paris. Il s'occupe de la division de Paris en districts, sous l'autorité de commissaires divisionnaires, et de la spécialisation des services. Il est aussi à l'origine de la création de l'Ecole pratique et professionnelle des services actifs de la Préfecture de Police. Il plaide pour l'étatisation des polices municipales dans les villes de plus de 10 000 habitants.
         A cause d'une grave maladie, Célestin Hennion se retire. Il est alors remplacé par Emile Laurent, son secrétaire général. En octobre 1914, il est nommé, avec rang d'ambassadeur, commissaire du gouvernement français auprès du gouvernement belge. Célestin Hennion était aussi maire de Gommegnies, de 1908 à 1913. Il décèdera le 14 mars 1915 à Sainte-Adresse, en Seine-Maritime, à l'âge de 52 ans. Son corps sera transféré en 1919, à Gommegnies, son village natal. Il est considéré aujourd'hui comme le père de la police moderne. Il comptera de nombreux amis, dont Léon Bourgeois, prix Nobel de la paix, et Georges Clémenceau. Les "Brigades du Tigre", créées par Célestin Hennion, ont d'ailleurs fait l'objet d'une série, dans les années 1970 et 1980, et d'un film, sorti en 2006.
         Célestin Hennion est l'arrière grand-père de Davina McCall, actrice et présentatrice de télévision anglaise. Elle a participé à l'émission "Who do you think you are ?" présentant deux de ses célèbres ancêtres, dont Célestin Hennion, en juillet 2009, à la BBC.

   

Photos de Célestin Hennion, Préfet de Police et créateur des "Brigades du Tigre".

 

Célestin Hennion est célèbre pour avoir modernisé la police française au début du XXème siècle avec le soutien de Georges Clémenceau.

   

A gauche : Célestin Hennion, accompagné de deux gendarmes, assurant la sécurité d'Alfred Dreyfus, embarquant dans un bateau pour être déporté à l'île Royale puis l'île du Diable, en 1895. Au milieu : Alfred Dreyfus (1859 - 1935), dont l'affaire a divisé l'opinion française en deux clans dès 1893, année où il est condamné à tort pour espionnage. A droite : Célestin Hennion assistant au procès d'Alfred Dreyfus.

   

A gauche : Célestin Hennion. Au milieu : Célestin Hennion et Georges Clémenceau, Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur. A droite : Célestin Hennion, Préfet de Police, et son successeur, Emile Laurent.

 

A gauche : Célestin Hennion, directeur de la Surêté Générale, dans son bureau du Ministère de l'Intérieur. A droite : Célestin Hennion, accompagnant George V et Raymond Poincaré, Président de la République, en 1914.

 

A gauche : Célestin Hennion et Georges Clémenceau. A droite : Célestin Hennion devant le château de Carnoy, à Gommegnies (Nord), où il habitait.

     

A gauche : Célestin Hennion à la une du n°293 du journal "Les Hommes du Jour" en 1913 (texte de V. Meric et dessin de Braquemont). Au milieu et à droite : extraits du journal "The New York Times", "Hennion helps Dreyfus's case", lors du procès d'Alfred Dreyfus.

   

Lors de l'émission "Who do you think you are ?", diffusée à la BBC en juillet 2009, Davina McCall, arrière petite-fille de Célestin Hennion, part à la découverte de l'histoire de son arrière grand-père. Après différentes rencontres à Paris, et notamment au musée Clémenceau, elle part sur ses traces à Gommegnies en se rendant au château de Carnoy où il a vécu et en se recueillant sur sa tombe, au cimetière de la commune (Célestin Hennion 1862 - 1915, Commandeur de la Légion d'Honneur, ancien maire de Gommegnies et ancien Préfet de Police).
Extrait de l'émission sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=U01Zmwe92Bw.
Lien vers le site de la BBC : http://www.bbcwhodoyouthinkyouaremagazine.com/episode/davina-mccall.

 

A gauche : série télévisée en 36 épisodes, diffusée de 1974 à 1983, avec Jean-Claude Bouillon, Pierre Maguelon, Jean-Paul Tribout et François Maistre. A droite : film "Les Brigades du Tigre", sorti en avril 2006, avec Clovis Cornillac, Edouard Baer, Olivier Gourmet, Diane Kruger, Stefano Accorsi, Jacques Gamblin, Thierry Fremont et Gérard Jugnot.

 

Site officiel du film "Les Brigades du Tigre" : http://www.tfmdistribution.com/lesbrigadesdutigre/

 

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