Marie Henriette Moriamé
Résistante lors de la Première Guerre Mondiale
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Née à Saint-Waast-la-Vallée (Nord) le 22 mars 1881 et décédée à Maffles (Belgique) le 24 août 1918 |

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Née le 22 mars 1881 à
Saint-Waast-la-Vallée, Marie Henriette est devenue résistance dès le début
de la Première Guerre Mondiale. Elle a d’ailleurs été nommée Chevalier de la Légion
d’Honneur, et a également reçu la Croix de Guerre avec palme. |
| Le 24 août 1914, lors de l’offensive allemande à Saint-Waast-la-Vallée, restée seule dans la maison familiale, sa mère étant retenue en France Libre, elle a recueilli des soldats anglais blessés, aidée par Louise Thuliez, institutrice, licenciée en Lettres, résistante qui a été condamnée à mort par la suite par les Allemands puis aux travaux forcés à vie, et par ses cousines, Lucienne et Pauline Moriamé. « Un peu plus grande que la moyenne, intelligente, énergique, ne voulant pas connaître la fatigue, d’une piété calme et profonde, Mlle Moriamé allait, par cette offre généreuse commencer son œuvre de dévouement au service des soldats alliés en pays occupé », a écrit par la suite Louise Thuliez dans son livre Condamnée à mort, préfacé par le Général Weygand. |
| Le Prince Réginald de Croÿ a ensuite aidé Louise Thuliez et Marie Henriette Moriamé à transporter les soldats anglais pour qu’ils puissent rejoindre l’armée Française, principalement la nuit. La Princesse Marie de Croÿ a accueilli de nombreux soldats pour les soigner, au château de Bellignies, propriété des Princes de Croÿ, près de Bavay, avec l’aide de Louise de Bettignies, avant de les transporter. En novembre 1914 le château était tellement rempli de soldats qu’elle a essayé de les convaincre de se rendre aux Allemands. Mais elle a appris alors que la famille de Belleville de Montignies amenait des soldats à l’institut d’Edith Cavell par une route d’évasion. Les soldats du château de Bellignies ont alors reçu des vêtements civils et de faux papiers d’identité, puis ont été guidés pour arriver à Bruxelles. Ce réseau d’évasion a fonctionné de novembre 1914 à juillet 1915. Louise Thuliez est arrêtée le 31 juillet 1915 puis transportée à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles, en Belgique, où a également été emprisonnée Louise de Bettignies, sa comparse. Edith Cavell a été arrêtée le 5 août, la Comtesse de Belleville le 24 août et la Princesse de Croÿ le 6 septembre 1915. Marie Henriette Moriamé et les autres collaborateurs du Nord de la France ont échappé de façon providentielle à l’arrestation. Le 11 octobre 1915, le verdict est tombé et trois peines de mort sont prononcées : pour Edith Cavell, pour la Comtesse Jeanne de Belleville et pour Louise Thuliez. La Princesse Marie de Croÿ a été condamnée à dix ans de travaux forcés. Le lendemain, Edith Cavell est exécutée. Plus tard, les deux autres condamnations ont été transformées en travaux forcés à vie, grâce aux interventions du Roi d’Espagne, de l’ambassadeur de France et du Pape Benoît XV. Le 20 octobre 1915, Louise de Bettignies a également été arrêtée puis condamnée à mort, peine commuée en détention perpétuelle à la prison de Siegburg, où ont également été détenues par la suite Louise Thuliez, la Princesse de Croÿ, Léonie Vanhoutte et la Comtesse de Belleville. |
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Après ces
condamnations, Marie Henriette a décidé alors d’entrer en religion, chez les Rédemptoristines
de Maffles, en Belgique. Elle y a fait profession dans les délais canoniques et
y est morte deux mois avant l’armistice, le 24 août 1918. « Elle était la
seule avec laquelle j’aurais pu évoquer le souvenir de nos randonnées
nocturnes. Une seule fois je lui écrivis de Siegburg sur la carte d’une de
mes compagnes dont j’empruntai le nom afin qu’aucun rapprochement ne put être
fait entre nous. Elle répondit à ma compagne, mais je compris que ses supérieures
préféraient nous voir couper court à cette correspondance. Je cessai donc
d’écrire. J’ai toujours considéré l’entrée d’Henriette Moriamé en
religion comme un sacrifice ajouté à ceux qui l’avaient précédée et je
reste persuadée que je lui dois, en partie, d’être rentrée saine et sauve
de la guerre », a expliqué plus tard Louise Thuliez dans son livre.
Louise de Bettignies est morte à Cologne le 27 septembre 1918, rongée par la
tuberculose. Les autres détenues ont été libérées, quelques semaines avant
l’armistice, de la prison de Siegburg. |
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| De
gauche à droite : Louise Thuliez ; la Comtesse Jeanne de Belleville ;
la Princesse Marie de Croÿ ; Louise de Bettignies ; Léonie Vanhoutte. |
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| Sur la photo de gauche : Marie Henriette Moriamé. Sur la photo de droite, vers 1910 : en haut à gauche, Marie-Henriette ; au centre, Julia Alhant, sa belle-soeur, épouse d'Ernest Moriamé (mes arrière arrière grands-parents), entourée de ses filles ; à gauche, Emma ; à droite, Elisabeth (mon arrière grand-mère). |
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| Vers 1912, de gauche à droite : Vincent Moriamé (son cousin) et sa femme ; Pauline Moriamé, cousine de Marie Henriette ; Alice L’Hussier, sa mère (et mon arrière arrière arrière grand-mère) ; en haut, Marie Henriette et Jean Potiez, fils de sa cousine Jeanne Moriamé, épouse Potiez ; en-dessous de Marie Henriette, Marie Catherine Mirland, épouse de Lucien Moriamé, oncle de Marie Henriette, et mère de Pauline et Lucienne ; à droite, Lucienne Moriamé. |
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| Amiens,
vers 1900, à la marbrerie dite « Moriamé ». Au 1er
rang, de gauche à droite, Ernest Moriamé (à gauche), son frère, et sa femme, Julia
Alhant (qui sont arrière arrière
grand-parents) ; Victor Joseph, futur poète, frère ; et Claudora Dermonne,
femme de Louis Vincent (qui est également son cousin par Dorothée Brasseur,
grand-mère commune aux deux époux) et cousine de Camille Moriamé. Au
2ème rang, de gauche à droite : Emma Lucienne Moriamé, sa soeur ;
Camille Moriamé et
Alice L’Hussier, parents de Marie Henriette (et également mes
arrière arrière arrière grands-parents) ; Marie Henriette Moriamé ;
Louis Vincent Moriamé, mari de Claudora Dermonne et cousin de Camille
Moriamé ; Anna ou Jeanne Moriamé, fille de Louis Vincent Moriamé
et de Claudora Dermonne. |
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| Extrait
du journal
"L'Illustration" du 28 juin 1919 : Mlle Henriette Moriamé,
de Saint-Waast-la-Vallée, fut, avec Mlle Thuliez, la cheville ouvrière
de l’œuvre de rapatriement des soldats alliés de l’Avesnois. Elle
put échapper à l’arrestation et à ses suites. Après le procès de
Bruxelles, Mlle Moriamé entra en religion et s’éteignit, le 28 août
1918, au monastère des Rédemptoristines de Maffles en Belgique.
C’est cette morte que le gouvernement vient de décorer de |
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| Photos du journal "L'Illustration" : Mlle Henriette Moriamé et Mlle Louise Thuliez, sa comparse, toutes deux de Saint-Waast-la-Vallée (Nord). |
Contact :
vincent.boez@laposte.net