Marcel Lefebvre

Archevêque de Dakar et de Tulle - Fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

 

Né à Tourcoing (Nord) le 29 novembre 1905 et décédé à Martigny (Suisse) le 25 mars 1991

 Fils de Louis René LEFEBVRE et de Gabrielle WATINE

          Né dans une famille très catholique, après avoir fait ses études ecclésiastiques au séminaire français de Rome, il est ordonné prêtre le 21 septembre 1929 dans le diocèse de Lille. D'ailleurs, cinq enfants sur huit sont devenus prêtres ou religieux. Le Cardinal Liénart l'a nommé vicaire à la paroisse de La Madeleine, près de Lille. Il est entré dans la Congrégation des Pères du Saint Esprit, dont les membres sont plus connus sous le nom de Spiritains, en 1931. Il est devenu missionnaire en Afrique. Docteur en philosophie et en théologie, il est d'abord nommé au Gabon où il a exercé différentes responsabilités de 1932 à 1945. Il est devenu professeur au séminaire de Libreville, de 1932 à 1934, dont il est nommé ensuite le supérieur, de 1934 à 1938, puis directeur de la mission à Ndjolé, de 1938 à 1939, supérieur de la paroisse Sainte Marie de Libreville, de 1939 à 1940, directeur de la mission à Donguila, de 1940 à 1942, et à Lambaréné, de 1942 à 1945. Il est ensuite rentré en France où il est devenu directeur et supérieur du scolasticat de philosophie à Mortain, de 1945 à 1947. Le 12 juin 1947, il est nommé vicaire apostolique à Dakar et évêque titulaire d'Antedone. Le 22 septembre 1948, il est nommé archevêque titulaire d'Arcadiapoli di Europa et premier archevêque de Dakar, tout en demeurant délégué apostolique pour l'Afrique française. Le 23 janvier 1962, il est nommé par Jean XXIII évêque de Tulle, et il a conservé à titre personnel son titre d'archevêque. Il est élu supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint Esprit en juillet 1962 et il a renoncé au siège de Tulle le 7 août 1962. Il a alors reçu pour siège titulaire l'archevêché de Sinnadia di Frigia.
          Il a participe au concile de Vatican II, au sein du groupe traditionaliste "Coetus Internationalis Patrum". Il en a rejetté violemment les conclusions, les jugeant hérétiques et contraires à la tradition. Il a critiqué en particulier l'affirmation de la liberté religieuse, l'abandon de la liturgie de Pie V et de manière générale, l'ouverture de l'Église sur le monde. En réaction, il s'est démis en 1968 de sa charge de supérieur des Spiritains. Après sa démission en septembre 1968, de sa fonction de supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint Esprit en septembre, il a fondé la Fraternité Saint Pie X à Ecône en Suisse. Cette fraternité sacerdotale est chargée de former de nouveaux prêtres fidèles à ses principes. Avec l'autorisation de Paul VI, l'institution est érigée canoniquement par l'évêque de Lausanne. Par la suite, Monseigneur Lefebvre a continué de stigmatiser, plus ou moins violemment, la politique d'ouverture post-conciliaire, attaquant en particulier le dialogue inter-religieux auquel s'essayait l'Église catholique. Le 21 novembre 1971, il a publié un manifeste résumant ses positions : "nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-modernistes et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Eglise depuis dix-neuf siècles. Cette réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est toute entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. C'est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures".
          En 1976, Paul VI l'a frappé d'une suspense a divinis, et la Fraternité est condamnée. En réponse, Monseigneur Lefebvre a décrit Vatican II comme un concile schismatique. Sur le plan politique, il a accordé sa bénédiction à des mouvements conservateurs, voire à des régimes dictatoriaux, comme celui du général Videla en Argentine. Jean-Paul II a tenté de renouer le dialogue avec lui et son mouvement. En 1987, il a nommé le cardinal Gagnon médiateur. La tentative a échoué. Le 30 juin 1988, pour assurer la continuité de la Fraternité, Monseigneur Lefebvre a décidé d'ordonner des évêques. Les autorités ecclésiastiques ont approuvé le principe, mais ont opposé leur veto au choix des candidats, Bernard Pellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Gallareta. Malgré cela, Monseigneur Lefebvre et Monseigneur de Castra-Mayor qui l'a soutenu, ont ordonné les quatre prêtres. Le lendemain, le cardinal Gantin, préfet de la congrégation des évêques, a déclaré les quatre nouveaux évêques, ainsi que Monseigneur Lefebvre et Monseigneur de Castra-Mayor, excommuniés au titre du code du droit canonique. C'est le schisme. Monseigneur Lefebvre est mort en 1991, laissant derrière lui la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, implantée dans plus de cinquante pays, qui est toujours en pourparlers avec Rome.

    

Marcel Lefebvre, fils de Louis René Lefebvre et de Gabrielle Watine, archevêque de Dakar puis de Tulle, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.

Marcel Lefebvre  Marcel Lefebfre as a  seminarian  Archbishop Lefebvre is with Alfonse Pedroni

Sur la photo de gauche : Marcel Lefebvre après le séminaire. Au milieu : Monseigneur Lefebvre au séminaire français de Rome, dans les années vingt (au premier rang, le deuxième en partant de la droite). Sur la photo de droite, de gauche à droite : Marcel Pedroni, l'un des hommes d'affaires qui a aidé Monseigneur Lefebvre à financer Ecône ; Marcel Lefebvre.

Marcel Lefebvre  Fr. Le Floch  

Sur la photo de gauche : Monseigneur Lefebvre, archevêque de Dakar puis de Tulle. Au milieu : Marcel Lefebvre, jeune séminariste. Sur la photo de droite, de gauche à droite : Monseigneur Lefebvre ; Gabrielle Lefebvre, sa soeur, religieuse ; René Lefebvre, son frère, Père du Saint Esprit et curé de Libreville au Gabon.

 

A gauche : la famille de Marcel Lefebvre, en 1922. A droite : le jeune Père Marcel Lefebvre, arrivant en Afrique.

 

A gauche : l'archevêque Lefebvre, en 1947, avec le Cardinal Liénart. A droite : l'archevêque Lefebvre arrive à Dakar le 16 novembre 1947.

 

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