Victor Joseph Moriamé

Poète français

 

Né à Saint-Waast-la-Vallée (Nord) le 4 juin 1888 et décédé à Paris (Paris) le 13 juillet 1961

 Fils de Camille Célestin MORIAME et d’Alice Nathalie L’HUSSIER

           Petit dernier d'une famille de cinq enfants, Vincent Moriamé a passé sa jeunesse à Saint Waast la Vallée, son père étant directeur d'une marbrerie que possédait déjà ses parents. Après ses études à l'institution libre du Sacré Coeur de Tourcoing, il a rejoint ses parents, partis à la marbrerie que possédait le cousin de son père, Louis-Vincent Moriamé, située à Amiens, boulevard Saint-Charles. D'ailleurs, elle a été détruite quelques années plus tard lors des bombardements allemands en 1940. En 1913, il s'est marié avec Lucie Hedde à Grandvilliers, au nord de Paris, le père de Lucie étant chef de district à la gare de cette commune. De ce mariage sont nées trois filles : Anne-Marie, Bernadette et François. A Paris, il s'est mis à écrire et a publié en 1951 un recueil de poèmes : Arabesques au dessus d'un toit. La plaquette, tirée à trois cents exemplaires, était composée de six parties intitulées : rêve, visite de l'ange, arabesques, magie du soir, mirages du souvenir et voeu. Il est décédé quelques années plus tard, en 1961 à Paris.

 

- Rêve -

- Paris dormant -

Un vallon qui s'éveille, une église en prière, Paris dormant au long des rues
Dans l'écrin d'un gazon une perle qui luit, Sous le silence de ses toits
Un village de France au bord d'une rivière Vit-il jamais comme je vois
Dont j'entends près d'un pont l'eau qui clapote et fuit, Cet ange errer au long des nues
Un fil de rêve entre les doigts ?
Un côteau dénouant l'écharpe d'une brume,
Un frémissement bleu sur le bois endormi,  Je suis assis dans la prairie
L'odeur de la forêt dans un feu qui s'allume Et j'aperçois sur l'horizon
Et là-bas, retrouvé comme un visage ami, Agenouillée une maison
Porteur d'un grand message, un vieux chaume qui fume, Dont l'âme, droite, comme on prie,
Sort des limbes de sa prison.
Et toi, rose d'amour, qui me tends ton baiser
Et rouvres ton iris charmant sur le mystère Une cendre gisait captive
Du jour miraculeux qui va recommencer... Sur la dalle d'un sombre four.
Comme tout pourrait être simple sur la terre ! Survient le souffle de l'amour :
Et la voilà danseuse vive,
Ame ballante d'un beau jour.

- Veillée du souvenir -

Anges errant au long des nues
Voici le parc qui se dépouille. Un fil de rêve entre les doigts,
J'entends la brise et ses sanglots. Je songe à vous lorsque je vois
Mon coeur a pris des tons de rouille Paris dormant au long des rues
Comme les arbres de l'enclos. Sous le silence de ses toits.
Ce soir, dans le coin le plus sombre
De mon âme j'ai ramassé

- Feuillage secret -

Les débris morts de mon passé.

Et la flamme a refleuri de l'ombre. Un oiseau vient en moi de réveiller l'image
D'un feuillage secret où palpitait un nid.
Que faisiez-vous au fond de moi, Est-ce, au ciel de Paris, le printemps qu'il présage ?
Mes peines, depuis tant d'années ? Ou mon coeur, après tant d'hivers, qui reverdit ?
Mes fleurs, que la vie a fanées,
Que faisiez-vous dans ce vent froid ? Hélas ! La saison tendre est encore lointaine
Et bien loin s'est enfui l'oiseau mystérieux.
Je vous entendais, gémissantes, Je regarde couler l'eau grise de la Seine
Crépiter là-bas sous mon pied. Et le long des quais noirs les gens silencieux.
Et de vous mon geste eût pitié
Qui deviez pourrir sur ces sentes. Mais, en rêve, tandis que le portail sonore
Grince et que tes bras frais m'entourent, je revois
Pourquoi me suis-je souvenu ? Au flanc vert d'un coteau me faire signe encore
Pourquoi, ce soir, mes chères mortes, Le nid de nos printemps et l'oiseau d'autrefois.
Ai-je, fermant toutes les portes,
Mis devant vous mon coeur à nu ?

- Il a suffi -

Et pourquoi, ce soir, à la flamme

Qui déjà vous lèche et vous mord Il a suffi que d'un beau jour
Vous ai-je livrés sans remord, L'ombre lasse couvrît la terre,
Rameaux arrachés de mon âme ? Qu'il se fit un silence lourd
Comme à l'approche d'un mystère,
Vous voilà cendre entre mes doigts.
Mais je vous cherche dans la nue, Il a suffi que dans son coin
O ma souffrance d'autrefois, Chaque maison fût à l'écoute,
Purifiée et devenue Qu'on entendît sonner au loin
Le pas d'un homme sur la route,
Cette spirale aux bras du vent,
Ce vol d'azur inaccessible Il a suffi qu'un brin de bois
Qui s'amenuise en s'élevant S'offrît au souffle d'une femme
Vers les hauteurs de l'invisible Pour que respire à chaque toit
Et dans le ciel palpite une âme,
Et, dans le jour qui va finir,
N'est déjà plus qu'un doux mirage, Pour que du sein des frondaisons
Le reflet d'un songe, une image Vers les emblaves et les vignes
Perdue au fond du souvenir. Flotte l'écharpe des maisons
Comme des mains faisant des signes...

- Féérie -

Pourquoi mon coeur bat-il d'amour

Dans ce silence où ton vol plane,
Au faîte des toit pavoisés d'ombrages, Ame légère et diaphane,
Parmi les haillons du plus pauvre abri, Pourquoi mon coeur bat-il d'amour
Une âme respire, et le paysage Dans ce silence où meurt le jour
A soudain fleuri. Comme une rose qui se fane ?

Vers 1912, à la communion d'Elisabeth Moriamé, la nièce de Victor Moriamé (et mon arrière grand mère), devant la marbrerie dite « Moriamé » à Amiens . En haut, de gauche à droite : Jean Potiez, fils de sa cousine Jeanne Moriamé, épouse Potiez ; Victor Moriamé, poète ; Valérie L'Hussier, sa tante ; Jeanne Moriamé, fille de Louis-Vincent Moriamé et de Claudora Dermonne, les cousins de son père, Camille Moriamé ; Géry Potiez, commandant et chef de bataillon à Maubeuge, époux de Jeanne Moriamé ; Jeanne Moriamé, épouse Potiez ; Julia Alhant, la femme de son frère Ernest (mon arrière arrière grand-mère) ; Ernest Moriamé (mon arrière arrière grand-père) ; Dermonne Claudora, femme de Louis Vincent Moriamé (qui est également son cousin par Dorothée Brasseur, grand-mère commune aux deux époux) et cousine de Camille Moriamé ; Anna L'Hussier, sa tante ; en robe blanche, inconnue ; Marie Henriette Moriamé, sa soeur ; Anna Moriamé, fille de Louis-Vincent Moriamé et de Claudora Dermonne. En bas, de gauche à droite : Emma Moriamé, sa nièce, soeur d'Elisabeth ; Alice L'Hussier, sa mère (et mon arrière arrière arrière grand-mère) ; Elisabeth Moriamé, sa nièce, en communiante (mon arrière grand-mère) ; Hector Alhant, père de Julia.

Vers 1910, de gauche à droite : Lucie Hedde, sa femme ; Pauline Moriamé, sa cousine ; Victor Moriamé, poète ; Alice L'Hussier, sa mère (et mon arrière arrière arrière grand-mère) ; Lucienne Moriamé, sa cousine.

De gauche à droite (à Saint-Waast-la-Vallée) : Lucienne Moriamé (cousine de Victor) ; Lucie Hedde, Victor Moriamé, et leurs trois filles (Françoise, Anne-Marie et Bernadette) ; Pauline Moriamé (cousine de Victor) ; et Nestor Carlier

Amiens, vers 1900, à la marbrerie dite « Moriamé ». Au 1er rang, de gauche à droite, Ernest Moriamé (à gauche), son frère, et sa femme, Julia Alhant (qui sont arrière arrière grand-parents) ; Victor Joseph, futur poète ; et Claudora Dermonne, femme de Louis Vincent (qui est également son cousin par Dorothée Brasseur, grand-mère commune aux deux époux) et cousine de Camille Moriamé. Au 2ème rang, de gauche à droite : Emma Lucienne Moriamé, sa sœur ; Camille Moriamé et Alice L’Hussier, parents de Victor (et également mes arrière arrière arrière grands-parents) ; Marie Henriette Moriamé, sa soeur ; Louis Vincent Moriamé, mari de Claudora Dermonne et cousin de Camille Moriamé ; Anna ou Jeanne Moriamé, fille de Louis Vincent Moriamé et de Claudora Dermonne.

 

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